La tension monte entre Islamabad et New Delhi après les attentats de Bombay

dimanche 30 novembre 2008.

Les autorités indiennes ont assuré dimanche avoir la preuve d’une implication pakistanaise dans les attentats de Bombay qui ont fait près de 200 morts, tandis qu’Islamabad menaçait de masser des troupes à la frontière entre les deux puissances nucléaires.

"Nous avons la preuve que les terroristes venaient du Pakistan", a déclaré sans plus de détails le ministre indien de la Sécurité intérieure, M. L. Kumawat, interrogé par Reuters.

Les dix extrémistes islamistes qui ont semé la terreur pendant trois jours dans la capitale financière seraient arrivés par la mer en provenance de Karachi. Neuf ont été tués, mais un a été pris vivant.

Condamnant "un acte de terrorisme barbare", Islamabad, engagé depuis 2004 dans un processus de paix avec New Delhi, a nié toute implication et promet de coopérer à l’enquête.

"En tant que président du Pakistan, s’il existe une quelconque preuve d’une implication de groupes ou d’individus pakistanais dans les attentats de Bombay, j’agirai de la manière la plus prompte à la lumière de preuves et ce devant le monde entier", a promis samedi le chef de l’Etat, Asif Ali Zardari.

Un haut responsable des services de sécurité pakistanais a toutefois annoncé qu’une partie des troupes engagées dans la lutte contre les milices islamistes à la frontière afghane seraient redéployées à la frontière indienne si les tensions persistent.

ISLAMABAD EN QUÊTE DE SOUTIENS

"S’il se passe quelque chose sur ce front, la guerre contre le terrorisme ne sera pas notre priorité. Nous ferons venir tout ce dont nous disposons à la frontière occidentale. Nous n’y laisserons rien", a-t-il assuré.

Pas moins de 100.000 militaires pakistanais sont déployés dans les zones tribales, où les islamistes proches d’Al Qaïda sont très actifs, et l’engagement d’Islamabad dans la lutte antiterroriste est jugé décisif à Washington.

Signe de la tension qui règne au Pakistan, le Premier ministre Yousaf Raza Gilani a téléphoné à plusieurs représentants de l’opposition, qui l’"ont assuré de leur soutien et de leur coopération dans cette situation critique".

Le chef de la diplomatie, Shah Mehmood Qureshi, a quant à lui pris contact avec son homologue chinois et avec Javier Solana, haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune.

"Le terrorisme est une menace pour l’humanité et il doit être éradiqué", réaffirme le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué.

Bien que les attentats de Bombay aient été revendiqués par les Moudjahidin du Décan, une organisation inconnue, les soupçons de New Delhi convergent vers les mouvements pakistanais

Lashkar-e-Taiba et Jaish-e-Mohammed, qui combattent la présence indienne au Cachemire.

Pour certains observateurs, les deux mouvements ont joui par le passé du soutien des services de renseignement pakistanais. Islamabad dément et dit n’avoir accordé qu’un soutien moral et diplomatique aux séparatistes cachemiris.

 
 

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