Les bureaux de vote ont fermé dimanche soir en Mongolie où les électeurs de cet immense pays, enclavé entre la Chine et la Russie, se sont rendus nombreux aux urnes pour renouveler le Parlement.
Quelque 1,5 million d’électeurs étaient appelés à élire les 356 candidats qui se disputaient les 76 sièges du Grand Houral, le Parlement de Mongolie.
Un fort taux de participation a été enregistré dans le pays, avec plus de 80% dans certains endroits, selon la Commission centrale électorale. Le dépouillement des bulletins de vote a commencé aussitôt après la clôture du scrutin à 22H00, heure locale, (14H00 GMT). Toutefois, les premiers résultats ne sont pas attendus avant lundi matin au plus tôt.
Dans la capitale, Oulan Bator, de nombreux électeurs avaient pris dès l’aube le chemin des isoloirs vêtus de leur costume de fête, le deel.
Malgré de violents orages qui ont provoqué des inondations dans la ville en milieu de journée, la participation était élevée. En début d’après-midi, la Commission centrale électorale faisait déjà état d’un taux de participation de 50%.
A l’issue des précédentes législatives de 2004, les Démocrates s’étaient retrouvés quasiment à égalité avec leurs principaux rivaux, les anciens communistes du Parti populaire révolutionnaire mongol (PPRM). Depuis, les deux formations cohabitent cahin-caha au sein d’une coalition largement synonyme de paralysie politique.
Avant le scrutin, aucun des deux partis ne partait en position de favori, les sondages les donnant au coude-à-coude avec 25% d’intentions de vote chacun. Un tiers des électeurs restaient indécis, tandis que les autres se répartissaient sur des candidats indépendants ou de petits partis, selon l’organisation non-gouvernementale Sant Maral Foundation.
A court d’arguments idéologiques, les Démocrates se sont adressés au porte-monnaie des électeurs, alors que la Mongolie, riche en ressources minières, se débat entre pauvreté et corruption.
Ils se sont engagés à donner l’équivalent de 550 euros à chaque citoyen. Le PPRM a alors surenchéri, s’engageant à verser 820 euros.
Un tiers de la population de cette ancienne république socialiste vit toujours avec moins de 1,30 euro par jour, malgré une croissance encourageante (+9,9% l’an dernier), principalement alimentée par la hausse des prix des matières premières, notamment le cuivre et l’or.
"Je n’ai voté ni pour les Démocrates ni pour le PPRM", a déclaré Namkhai Sanjid, 74 ans, alors qu’elle quittait un bureau de vote dans le quartier de Sukhbaatar. "Ils sont restés au pouvoir pendant de nombreuses années, mais ils n’ont pas fait assez pour le peuple", a-t-elle estimé.
Dans un autre quartier, Yarmag, un groupe de jeunes femmes qui votaient pour la première fois - l’âge légal du vote est de 18 ans - ont déclaré soutenir les Démocrates.
"Les Démocrates sont un parti jeune. Ils ont des idées nouvelles et ils sont créatifs, ils peuvent faire quelque chose de bien pour le pays. Le PPRM a été au pouvoir, mais rien n’a changé", a déclaré l’une d’elles, Olzii Enkhzaya.
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