La commune de Salles-sur-Garonne (Haute-Garonne) et l’Association France-Tibet lancent mercredi la campagne "Parrainages de communes au Tibet", avec le soutien de groupes de députés et de sénateurs. A l’occasion de l’anniversaire du soulèvement populaire du 10 mars 1959 contre la présence chinoise au Tibet, ils appellent les maires de France à s’associer à leur initiative.
"C’est la première initiative du genre au Tibet. Le jumelage est exclu car Pékin s’y opposerait", a expliqué à l’Associated Press Marcelle Roux, présidente de l’Association France-Tibet.
Cette initiative a déjà reçu le soutien du groupe d’étude sur la question du Tibet présidé par Lionnel Luca pour l’Assemblée Nationale et Jean-François Humbert pour le Sénat.
"Nous soutenons cette démarche et encourageons tous les maires de France à le faire", a déclaré à l’AP l’UMP Lionnel Luca. Les 180 députés du groupe vont demander aux maires de leur circonscription de s’associer à cette campagne de parrainage, a-t-il précisé.
Salles-sur-Garonne, une petite commune de 500 habitants à 40km de Toulouse, officialisera le premier parrainage avec le village tibétain de Lhatsé lors d’une cérémonie prévue le 24 avril.
"L’idée est de permettre à la Chine de modifier son comportement" et parrainer un village tibétain, "c’est beaucoup plus positif que de faire une politique anti-chinoise, c’est quelque chose de confédérateur", a déclaré à l’AP le maire Jean-Louis Halouia. Il faut "parrainer, le dire au monde entier, afin que la Chine le sache", martèle-t-il.
Salles-sur-Garonne a choisi le village de Lhatsé parmi une liste d’une trentaine de villes et villages dont le patrimoine est menacé de destruction, selon l’Association France-Tibet.
Cette campagne vise à la "protection du patrimoine et de la population : culturelle, architecturale, cultuelle et environnementale", explique Marcelle Roux, qui parle de l’importance d’"avoir un oeil dessus" et de "gêner Pékin pour empêcher le pire".
Le parrainage ne requiert aucun contact avec les autorités chinoises ou la population tibétaine. Il suffit d’"une délibération du Conseil municipal" pour l’approuver puis de l’"officialiser avec un panneau à l’entrée du village", explique M. Halouia.
Les échanges avec le village parrainé sont donc limités. "On ne peut pas officialiser ce parrainage avec les gens du village, contacter quelqu’un au Tibet, pour des raisons de sécurité" car la situation "reste très dangereuse : la répression continue, les Tibétains ont toujours peur", déplore le maire.
Cette campagne "va faire école", estime Marcelle Roux, qui dit avoir déjà reçu le soutien d’autres pays comme l’Irlande, le Danemark, le Luxembourg ou les États-Unis, ainsi que de personnalités comme Robert Thurman, père de l’actrice Uma Thurman et président de la Tibet House à New York, ou de Tashi Wangdi, représentant du dalaï lama en Europe.
La journée sera également marquée par de nombreuses manifestations en France et dans le monde. A Paris, une manifestation se tiendra à 15h au Trocadéro et le drapeau sera hissé sur l’Hôtel de ville, comme dans 600 communes de France, selon France-Tibet. Il flottait déjà mardi sur le siège du Conseil général de la Somme.
La Chine considère que le Tibet a toujours été partie intégrante de son territoire alors que de nombreux habitants affirment que leur région était virtuellement indépendante jusqu’à l’invasion des troupes communistes en 1950. Le dalaï lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains, vit en exil en Inde avec des milliers d’autres Tibétains depuis l’échec d’un soulèvement contre la puissance chinoise en 1959.
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